Apprendre à apprendre : 6 Secrets de neurosciences pour muscler votre cerveau
Vous avez l’impression que votre mémoire vous fait défaut ou que l’apprentissage devient de plus en plus laborieux avec l’âge ? Ce n’est pas une fatalité. Selon la neuroscientifique Lila Landowski, bien que notre plasticité cérébrale diminue après l’enfance, nous possédons tous les « clés » biologiques pour apprendre plus vite et plus efficacement.
L’apprentissage repose sur la neuroplasticité : la capacité de notre cerveau à créer et renforcer des connexions physiques (les synapses) en réponse à l’expérience . Pour optimiser ce processus, voici les six ingrédients critiques identifiés par la science.
1. L’attention : Le filtre de l’information
Dans un monde de distractions constantes, notre capacité à nous concentrer est mise à rude épreuve. Le « multi-tâches » est un mythe ; le passage incessant d’une information à une autre (comme sur les réseaux sociaux) crée de réels déficits attentionnels.
-
Le conseil : Pour booster votre attention avant d’étudier, faites 20 minutes d’exercice modéré. Cela améliore la concentration pendant environ deux heures .
2. L’Alerte : Activer le système « Combat ou Fuite »
Pour que le cerveau imprime une information, il doit être en état d’alerte. Le stress chronique est néfaste, mais un « petit pic » de stress ou d’adrénaline est bénéfique pour la mémoire .
-
Le conseil : Une douche froide, des techniques de respiration (type Wim Hof) ou même éviter un repas trop lourd juste avant d’apprendre peuvent augmenter votre vigilance .
3. Le Sommeil : Le disque dur de la mémoire
On ne peut pas apprendre sans dormir. Le sommeil nettoie les déchets métaboliques du cerveau et, surtout, il consolide la mémoire. C’est durant la nuit que les informations passent de l’hippocampe (stockage à court terme) vers le cortex (stockage à long terme) .
-
Le conseil : Ne faites jamais de « nuit blanche » pour réviser. Sans sommeil, l’information ne sera tout simplement pas conservée sur le long terme .
4. La Répétition : Le signal de l’importance
Le cerveau est économe en énergie. Il ne renforcera pas de nouvelles connexions pour une information vue une seule fois . La répétition indique au cerveau que cette information est essentielle à votre survie ou à votre quotidien.
-
Le conseil : Utilisez la répétition espacée. Il est bien plus efficace de faire deux sessions courtes sur deux jours différents qu’une seule session longue le même jour .
5. Les Pauses : Le replay inconscient
Contrairement aux idées reçues, la pause n’est pas du temps perdu. Pendant que vous vous reposez, votre cerveau « rejoue » l’information que vous venez d’apprendre à une vitesse 20 fois supérieure, et ce, de manière totalement inconsciente .
-
Le conseil : Après une session intense, prenez 10 à 20 minutes de repos total (pas de téléphone !). Attendez au moins une heure avant d’essayer d’apprendre quelque chose de similaire pour éviter les interférences .
6. L’Erreur : Le déclencheur de la plasticité
C’est sans doute le point le plus contre-intuitif : faire des erreurs est excellent pour le cerveau. L’anxiété et la frustration liées à une erreur libèrent des neuromodulateurs qui augmentent l’attention et ouvrent une « fenêtre » de neuroplasticité .
-
Le conseil : Ne craignez pas l’échec. Testez-vous tôt, même si vous n’êtes pas prêt. L’erreur prépare votre cerveau à retenir la bonne réponse lorsqu’elle se présentera .