Votre cerveau est plus puissant que l’I.A.
Dans une analyse technique pour la chaîne de Fabrice Midal, la neuropsychologue Sylvie Chokron expose les réalités biologiques du fonctionnement cognitif humain. Elle y démontre que la volonté de calquer la performance humaine sur celle de la machine est une erreur scientifique majeure.
1. La mémoire comme processus de reconstruction
Contrairement à la mémoire binaire (stockage de données fixes), la mémoire humaine est un processus dynamique de reconstruction. Elle remodèle et modifie les souvenirs à chaque rappel. Cette malléabilité est ce qui différencie biologiquement l’intelligence humaine de l’intelligence artificielle.
2. La prédominance des processus non conscients
L’entretien souligne que la majorité des traitements cognitifs (analyse de l’environnement, résolution de problèmes, prise de décision) s’opère de manière non consciente. Cette automatisation permet une efficacité que le contrôle conscient et volontaire ne pourrait égaler.
3. Neuroplasticité et épigénétique de l’optimisme
L’optimisme n’est pas un trait génétique immuable, mais un biais cognitif qui dépend de l’expérience et de l’environnement.
-
Donnée scientifique : L’exercice de rappel de souvenirs positifs stimule le putamen et libère des neuromédiateurs spécifiques.
-
Conséquence : Le cerveau est un organe plastique capable de modifier ses circuits fonctionnels en réponse à des stimulations répétées.
4. Les mécanismes de l’attention et de l’inhibition
L’attention est définie comme un système de filtrage de l’information. Sylvie Chokron prend l’exemple des aiguilleurs du ciel pour expliquer l’articulation entre :
-
L’attention automatisée : Surveillance constante sans effort conscient.
-
L’attention contrôlée : Mobilisation sur un événement imprévu. Le trouble de l’attention est souvent une défaillance de l’inhibition : l’incapacité du cerveau à hiérarchiser les signaux entrants.
5. Flexibilité cognitive et résilience
La résilience est abordée sous l’angle de la flexibilité neurologique. Les individus capables de se détacher physiologiquement (rythme cardiaque, réponse hormonale) d’un événement traumatique présentent une meilleure capacité de réinvestissement dans de nouvelles tâches.
Synthèse : Le concept de neurodiversité remplace désormais celui de « norme » cognitive. Chaque cerveau possède une signature morphologique et fonctionnelle unique, rendant les conseils standards de développement personnel inefficaces s’ils ne prennent pas en compte la singularité biologique de l’individu.
