Bonheur et confiance en soi : Les clés pour apprivoiser le doute
« Si je n’ai pas confiance, je ne pourrai pas trouver le bonheur. » C’est une croyance limitante que nous sommes nombreux à partager. Nous attendons souvent d’être sûrs de nous pour agir, alors que la réalité est tout autre : c’est l’action qui nourrit la confiance.
Le documentaire ARTE « Bonheur et confiance en soi » croise les regards de deux personnalités aux antipodes — Anissa, anesthésiste et humoriste, et Jörg, maître de karaté — pour déconstruire le mythe de l’assurance innée. Voici les leçons essentielles à retenir pour construire, brique par brique, une estime de soi solide.
1. Ne confondez pas « Être sûr de soi » et « Avoir confiance »
L’une des distinctions les plus éclairantes du reportage est sémantique.
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Être sûr de soi, c’est ne pas douter, ce qui, dans un monde complexe, confine parfois à la bêtise ou à l’aveuglement.
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Avoir confiance en soi, c’est le contraire : c’est accepter l’incertitude. C’est se dire : « Je ne sais pas ce qui va se passer, j’ai peur, mais j’y vais quand même. »
La confiance n’est pas l’absence de peur, mais la capacité à avancer avec elle. Elle est, selon les experts, un « sentiment d’efficacité personnelle » : la conviction que l’on possède les ressources pour affronter l’imprévu.
2. La méthode du karatéka : la discipline du corps
Jörg, 69 ans, a tout perdu après la chute du Mur de Berlin, y compris sa situation financière. Ce qui l’a sauvé ? La discipline du corps.
Pour ce maître d’arts martiaux, la confiance ne se trouve pas dans la tête, mais dans la répétition du geste.
« Pour maîtriser un mouvement, il faut le répéter 1 000 fois pour être débutant, 50 000 fois pour être intermédiaire. »
Lorsque l’esprit flanche, le corps, lui, se souvient de l’entraînement. Que ce soit pour apprendre la médecine, le stand-up ou la conduite, c’est la pratique qui crée la compétence, et la compétence qui crée la confiance.
3. La méthode de l’humoriste : sortir de soi
Anissa, jeune maman et médecin, monte sur scène pour faire rire des inconnus. Pourtant, elle se décrit comme une ancienne enfant timide. Son secret ? Le décentrement.
Lorsqu’elle a le trac, au lieu de se focaliser sur son ego (ai-je l’air ridicule ? vont-ils m’aimer ?), elle se tourne vers les autres. Elle ne prie pas pour être « bonne », mais pour que le public passe un bon moment. La leçon : Arrêter de chercher un « trésor caché » en soi. La confiance naît de la qualité du lien que l’on tisse avec le monde et les autres.
4. L’art de l’autocritique constructive
Le documentaire met en garde contre le perfectionnisme toxique à travers la métaphore du Mur de Briques. Imaginez un maçon qui pose 10 000 briques. 9 999 sont parfaites, une seule est de travers.
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Celui qui manque de confiance ne verra que la brique tordue et dira que le mur est raté.
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Celui qui a confiance verra la solidité de l’ensemble, tout en notant la brique à corriger.
Il est sain de vouloir s’améliorer, mais il est destructeur de multiplier toutes ses réussites par zéro à cause d’un seul échec. Comme le conseille Anissa : faites la liste de ce que vous faites bien, et donnez-vous le droit de vous « autocongratuler ».
5. Quatre outils concrets à appliquer dès aujourd’hui
Pour finir, voici les outils pratiques issus du reportage pour « hacker » son cerveau et gagner en assurance :
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La posture de puissance : Avant un entretien ou une épreuve, ancrez vos pieds dans le sol, redressez le buste et regardez votre interlocuteur dans les yeux. Le corps envoie un signal de sécurité au cerveau.
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Le « comme si » : Anissa raconte s’être forcée à parler aux gens malgré sa timidité. À force de jouer le rôle de quelqu’un d’assuré, on finit par le devenir.
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L’ami bienveillant : Parlez-vous comme vous parleriez à un ami cher. Vous ne diriez jamais à un ami qui échoue : « Tu es nul, tu ne vaux rien ». Alors, ne vous le dites pas à vous-même.
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L’exposition progressive : Ne cherchez pas à sauter 15 classes d’un coup. La confiance se construit « pas à pas », en sortant de sa zone de confort petit à petit.
En conclusion, le bonheur ne dépend pas d’une confiance en soi absolue et inébranlable. Il réside dans la capacité à accepter ses doutes, à s’entraîner avec discipline et à oser aller vers les autres, même (et surtout) quand on tremble un peu.
Source : Documentaire ARTE « Bonheur et confiance en soi | Unhappy »