Faut-il vraiment échouer pour réussir ? Pourquoi l’échec est notre meilleur professeur
Dès notre plus jeune âge, la société nous inculque une idée bien précise : échouer est une mauvaise chose. L’échec est devenu un véritable sujet tabou qui, lorsqu’il survient, fait souvent vaciller notre confiance en nous et entraîne toutes sortes de conséquences négatives. Pourtant, la science, la psychologie et l’expérience humaine tendent à démontrer exactement le contraire. L’échec n’est pas seulement inévitable, il est fondamental.
L’échec, une nécessité scientifique
Croyez-le ou non, la nécessité de l’échec est inscrite dans les lois fondamentales de la physique. Le deuxième principe de la thermodynamique, qui régit notre univers, postule que l’entropie (la grandeur physique mesurant le degré de désordre d’un système) ne peut aller qu’en augmentant. Autrement dit, le monde naturel tend vers le chaos et la désorganisation. Les choses se cassent, les plans échouent et les systèmes s’effondrent. C’est dans l’ordre naturel des choses. Essayer de maintenir un ordre parfait ou un succès continu est non seulement épuisant, mais scientifiquement impossible.
L’attitude face à l’échec : la clé de voûte de notre cerveau
Ce n’est pas tant l’échec en lui-même qui définit notre avenir, mais plutôt notre attitude face à lui. Les neurosciences montrent que nos réactions face aux revers s’ancrent profondément en nous, jusqu’à créer de nouveaux automatismes et d’autres schémas cérébraux.
C’est ici qu’intervient la beauté de l’échec : les erreurs répétées poussent notre cerveau à s’adapter et à mettre en place de nouvelles stratégies de résolution de problèmes. En cherchant de nouvelles voies pour contourner un obstacle, notre cerveau se renforce.
Le danger de l’aveuglement : savoir reconnaître l’échec
Tous les échecs ne sont cependant pas de « bons » échecs. Un échec peut avoir de très graves conséquences si l’on met trop de temps à le reconnaître et à l’accepter. L’exemple du fameux Fyre Festival (relaté dans un documentaire sur Netflix) illustre parfaitement ce phénomène. Les organisateurs, refusant d’admettre que leur projet de festival de luxe aux Bahamas fonçait droit dans le mur, ont persisté dans le déni. Résultat : un désastre retentissant, des poursuites judiciaires et un véritable fiasco humain. Accepter l’échec à temps permet d’en limiter les dégâts.
Apprendre la résilience
Comment alors faire pour « mieux » échouer ? C’est le cœur de la recherche sur la résilience. Les chercheurs étudient comment certaines personnes parviennent à mieux faire face aux revers.
La bonne nouvelle, c’est que la résilience s’entraîne. L’entraînement à la résilience vise à remplacer des processus cognitifs et des automatismes dysfonctionnels par des stratégies saines. Bien sûr, notre façon d’assimiler nos ratés dépend grandement de la structure de notre personnalité et de notre vécu, mais il est possible d’apprendre à transformer un événement douloureux en une leçon utile.
Oser regarder l’échec en face
L’échec fait partie intégrante de la vie. Bien qu’il ne soit généralement pas très reluisant à vivre sur le moment, il se révèle presque toujours enrichissant avec le recul. L’échec est un puissant moteur de changement et d’innovation. Même s’il n’est pas à coup sûr un tremplin automatique pour la réussite, oser le regarder en face et en tirer des leçons est une démarche où l’on a, au bout du compte, tout à gagner.