Comment se libérer des « Il faut » et « Je dois » : essentiel à notre épanouissement
Nous sommes nombreux à vivre notre quotidien sous le poids des obligations : « il faut que je travaille », « je dois payer mes factures », « je n’ai pas le choix ». Cette sensation de contrainte permanente génère du stress, de la frustration et un sentiment de perte de liberté. Dans une vidéo inspirante, Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute et grand spécialiste de la Communication NonViolente (CNV), partage une anecdote personnelle révélatrice qui nous apprend comment transformer nos contraintes en véritables choix conscients.
L’illusion de la contrainte : « Je n’ai pas le choix »
Lors de sa toute première formation en Suisse avec Marshall Rosenberg, le fondateur de la CNV, Thomas d’Ansembourg pensait comme beaucoup d’entre nous. Lorsque Rosenberg a demandé si certains pensaient qu’il y avait des choses à faire sans avoir le choix, d’Ansembourg a levé la main. Son exemple était simple et universel : « Il faut que je travaille, je ne suis pas l’héritier du roi du caoutchouc. Si je ne travaille pas, je suis à la rue. »
À ce moment-là de sa vie, Thomas d’Ansembourg était juriste. Il se sentait partagé :
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D’un côté, il était soulagé d’avoir une ressource financière qui nourrissait son besoin de sécurité, tant pour le présent que pour l’avenir.
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De l’autre, il était épuisé et ressentait un profond ras-le-bol de son métier, aspirant à faire quelque chose qui ait plus de sens, qui aide les autres et qui sollicite sa sensibilité et sa créativité.
Découvrir les besoins cachés derrière l’obligation
Grâce au questionnement empathique de Marshall Rosenberg, d’Ansembourg a été invité à creuser plus loin que la simple notion de « sécurité ». Il a réalisé que son travail de juriste ne lui offrait pas seulement un toit, mais un véritable confort de vie :
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Louer un bel appartement plutôt qu’une chambre d’étudiant.
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Conduire une bonne voiture au lieu de rouler à vélo.
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Sortir au restaurant avec ses amis et s’offrir de bonnes bouteilles.
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Voyager et se payer des formations onéreuses.
La prise de conscience fut brutale et libératrice. En réalité, il était libre. Libre, à tout moment, de tout quitter pour partir fumer des pétards à Katmandou. S’il ne le faisait pas, ce n’était pas parce qu’il n’avait « pas le choix », mais parce qu’il n’avait tout simplement pas envie d’assumer les conséquences de ce choix.
Il faisait donc le choix conscient d’une certaine qualité d’existence, même si jusque-là, il avait du mal à accepter que ce confort avait un prix : celui d’exercer un métier qui l’ennuyait.
De la contrainte à l’opportunité : Le changement de paradigme
Ce processus est ce que la CNV appelle métaphoriquement le passage du « Chacal » (celui qui a la truffe dans les herbes, qui voit le monde en termes de contraintes, de « il faut », « je dois ») à la « Girafe » (celle qui a une vue d’ensemble, qui discerne les choix et les opportunités).
En réalisant cela, Thomas d’Ansembourg a transformé une contrainte en une opportunité. Il s’est dit : « Je choisis pour le moment de garder ce métier de juriste très rémunérateur car il me permet de me former et de continuer mon travail sur moi-même. »
La formule magique : « Pour le moment et par priorité »
Pour se libérer de la prison mentale des obligations éternelles, Thomas d’Ansembourg propose d’adopter deux expressions clés : « Pour le moment » et « Par priorité ».
Dire « Pour le moment et par priorité, je prends cette option-là » est extrêmement libérateur. Cela permet de briser la croyance effrayante que nous sommes condamnés à vie à une situation qui ne nous épanouit pas complètement (comme le fait d’être « juriste à perpétuité »).
En adoptant cette vision, on reprend le pouvoir sur sa propre vie. On ne subit plus son travail, ses factures ou son quotidien : on les choisit consciemment pour nourrir des besoins précis (sécurité, confort, financement de projets personnels), tout en sachant que ce choix n’est qu’une étape, pour le moment, et selon nos priorités actuelles.
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