Une méthode surprenante pour booster la confiance de votre enfant
Introduction Dans sa conférence TEDx, Kathryn Hecht, experte en anxiété pédiatrique et en troubles obsessionnels compulsifs (TOC), partage une vérité à la fois inconfortable et libératrice : pour rendre nos enfants plus confiants, il faut parfois accepter de les mettre mal à l’aise. À contre-courant des tendances éducatives actuelles qui visent à surprotéger la jeunesse, elle explique pourquoi l’inconfort est une étape essentielle et comment la thérapie d’exposition peut se transformer en un véritable guide d’éducation pour les parents.
Le piège de l’éducation axée sur le confort
Face à un enfant anxieux, l’instinct naturel et viscéral d’un parent est de le rassurer et de le sauver de la situation. C’est ce que Kathryn Hecht appelle « l’éducation pour le confort » (ou l’accommodation). Que ce soit en annulant des pique-niques pour un enfant qui a une phobie des abeilles ou en retirant tout obstacle de leur chemin, cette approche part d’une bonne intention. Elle s’enracine dans l’idée moderne selon laquelle être « en bonne santé » serait strictement synonyme d’être « heureux ».
Cependant, selon la psychologue, cette méthode pose trois problèmes majeurs :
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Un fardeau immense pour les parents : Elle transforme les parents en gardes du corps émotionnels, s’épuisant à essayer de contrôler ce qui ne peut l’être (les émotions d’une autre personne).
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Un message d’alarme pour l’enfant : En évitant systématiquement les situations stressantes, nos actions crient silencieusement à l’enfant : « Cette émotion difficile est une urgence absolue ».
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Une méthode inefficace : Il est impossible d’éliminer la douleur ou les erreurs de l’enfance, car l’inconfort fait partie intégrante du fait d’être en vie.
L’équation magique : Anxiété + Bravoure = Confiance
Au lieu de chercher le confort à tout prix, l’objectif de l’éducation devrait être de développer la résilience, ou ce que l’auteure nomme la handleability : cette conviction profonde et viscérale de l’enfant qui lui fait dire « Je peux gérer ça ».
La recette utilisée par les thérapeutes depuis des décennies repose sur une équation très simple, « A + B = C » : Anxiété + Bravoure = Confiance
L’anxiété n’est pas le problème, mais un ingrédient fondamental de l’apprentissage. Le cerveau a littéralement besoin de ressentir la peur pour réaliser que la situation est gérable grâce à une action courageuse.
Comment éduquer pour la confiance au quotidien ?
Pour aider un enfant à s’épanouir et à dompter son anxiété, Kathryn Hecht propose trois étapes pratiques à appliquer au quotidien :
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Créer des opportunités d’aventure (et d’anxiété) : Un enfant ne sautera jamais du grand plongeoir si vous ne l’emmenez jamais à la piscine. Il est crucial de l’encourager à s’exposer au monde.
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Incarnez la bravoure que vous souhaitez voir : Les enfants se fient aux réactions de leurs parents pour évaluer le danger (un processus neurologique appelé « référence sociale »). Montrez-leur que la situation est sûre en faisant vous-même des choses difficiles, devenant ainsi un ancrage calme et solide sur lequel ils peuvent s’appuyer.
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Célébrez les actions courageuses : Le courage demande beaucoup d’efforts, et ce travail mérite d’être récompensé. Félicitez chaque petite étape franchie avec enthousiasme.
Le courage est contagieux
Élever des enfants confiants n’est pas de tout repos. Cela demande du courage de la part des enfants, mais cela exige une bravoure encore plus grande de la part des parents. Il faut accepter de les laisser lutter face à l’adversité – sans pour autant les laisser souffrir inutilement – afin qu’ils s’exercent à avoir peur tout en agissant quand même.
Les résultats vont bien au-delà de la simple victoire sur une peur isolée. Un enfant qui parvient à surmonter sa peur des insectes finit par acquérir une confiance globale : il ose lever la main en classe, s’inscrire à une pièce de théâtre et défendre ce qui est juste. Le monde complexe de demain a plus que jamais besoin de cette génération : des personnes résilientes capables de regarder les défis en face et de dire : « C’est difficile, mais je peux le gérer ».