La Paix, ça s’apprend (comme les maths ou le foot !) : Les clés d’une hygiène relationnelle
Pourquoi acceptons-nous de passer des centaines d’heures à apprendre à conduire, à parler une langue étrangère ou à pratiquer un sport, tout en espérant que la paix intérieure et l’harmonie relationnelle nous tombent du ciel par miracle ?
C’est la question centrale que pose Thomas d’Ansembourg, psychothérapeute et auteur renommé, dans cette conférence inspirante. Il y démontre que la paix n’est pas un état de grâce passif, mais une compétence qui exige rigueur, apprentissage et une véritable « hygiène de conscience ».
Voici les leçons essentielles à retenir de cette intervention lumineuse.
1. La paix demande de l’entraînement
Dès le début de son intervention, Thomas d’Ansembourg pointe une incohérence fondamentale : nous trouvons normal de faire des efforts pour des loisirs, mais nous négligeons l’apprentissage de la relation à soi et à l’autre.
Nous avons appris à lire, écrire et compter, mais l’école a oublié de nous enseigner :
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Qui je suis et comment je me sens ?
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Qui est l’autre et comment il se sent ?
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Comment gérer nos désaccords sans entrer dans des rapports de force (domination, soumission, agression).
Le conférencier nous invite à quitter nos vieux réflexes « Cro-Magnon » pour explorer un nouveau continent : celui de la rencontre.
2. Du « Je » au « Nous » : La troisième personne
L’un des concepts les plus forts abordés est la notion du « Nous » comme une entité vivante. Dans toute relation (couple, amitié, travail), il y a trois êtres : toi, moi, et la relation (le Nous).
Thomas d’Ansembourg explique que ce « Nous » peut tomber malade, avoir faim ou même mourir si on ne le nourrit pas. Trop souvent, nous restons bloqués dans une méfiance (contraction) au lieu d’aller vers la confiance (expansion). Créer du lien, c’est prendre soin de ce troisième être vivant.
3. Les 4 pièges qui tuent la communication
Pour pacifier nos relations, l’auteur de Cessez d’être gentil, soyez vrai identifie quatre pièges majeurs qui « plombent » notre existence, issus de son expérience en Communication NonViolente (CNV) :
Le piège des jugements Nous jugeons en permanence, souvent sans nous en rendre compte. L’intervenant prend l’exemple frappant d’une mère qui définit sa fille comme « difficile ». En réalité, c’est sa propre inquiétude et son incapacité à écouter la détresse scolaire de sa fille qui créent cette étiquette. En remplaçant le jugement par l’écoute empathique, la relation se transforme instantanément.
Le piège des préjugés et des catégories Nous enfermons les autres dans des cases (apparences, vêtements, croyances). L’anecdote d’une mère inquiète de la tenue vestimentaire de sa fille adolescente montre que derrière des stratégies opposées (se couvrir ou se découvrir), se cache souvent le même besoin humain : l’appartenance à un groupe.
Le piège du « Il faut / Je dois » C’est un langage d’esclave qui déresponsabilise. Dire « il faut sortir les poubelles » est un mensonge. Nous choisissons de les sortir car nous tenons à l’hygiène et au confort, même si l’acte est désagréable. Remplacer « il faut » par « je choisis de… parce que je tiens à… » redonne de la dignité et de la liberté à nos actions.
Le piège de la pensée binaire Notre éducation cartésienne nous pousse à penser en « soit/soit » (intellectuel OU manuel, artiste OU utile). Thomas d’Ansembourg raconte l’histoire touchante de Charlotte, une jeune femme déchirée entre sa vocation artistique et son désir d’humanitaire, qui a frôlé le suicide à cause de cette pensée divisée. La guérison passe par la réconciliation intérieure : le « et/et ».
Vers une insurrection citoyenne
Pour Thomas d’Ansembourg, le développement personnel n’est pas un repli égoïste, mais une démarche citoyenne. En apaisant nos guerres intérieures, nous cessons de projeter notre violence sur le monde.
Il nous encourage à quitter notre « bocal » d’habitudes pour rejoindre l’océan de la vie, en cultivant un état de paix contagieux et généreux.
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