Comment réussir à se déconditionner pour s’épanouir ? Les clés de Johanna Rozenblum
Nous avons tous une certaine vision du monde, façonnée par notre éducation, notre environnement social ou encore nos expériences. Si ces lunettes avec lesquelles nous regardons la vie nous aident parfois à avancer, elles peuvent aussi nous enfermer dans des schémas de pensée limitants. Dans un épisode du podcast Métamorphose, la psychologue clinicienne Johanna Rozenblum, auteure du livre « Déconditionnez-vous », lève le voile sur nos conditionnements psychologiques et nous explique comment nous en libérer pour enfin oser être nous-mêmes.
Qu’est-ce que le conditionnement psychologique ?
Le conditionnement n’est pas un problème en soi, tant qu’il est positif (comme l’apprentissage de la confiance en soi ou l’ouverture d’esprit). Cependant, il devient toxique lorsqu’il se transforme en un frein à notre épanouissement.
Il s’agit souvent de croyances limitantes qui se sont rigidifiées avec le temps. Leurs origines sont multiples :
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L’enfance et l’éducation : Des phrases sévères ou des injonctions répétées par des figures d’autorité (parents, grands-parents, enseignants).
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L’environnement social ou religieux : Des dogmes ou des normes qui dictent ce qui est « bien » ou « mal » pour notre avenir.
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Les événements traumatiques : Des expériences passées qui nous ont marqués et nous ont fait tirer des conclusions hâtives sur nos propres capacités.
À l’âge adulte, ces petites mécaniques finissent par être digérées au point que nous oublions d’où elles viennent. Nous finissons par les faire nôtres, créant ainsi une forme de carcan intérieur.
Comment reconnaître nos propres schémas limitants ?
La difficulté majeure du conditionnement réside dans le fait qu’il est souvent invisible pour la personne qui le subit. Pour le détecter, il faut prêter attention à la notion de répétition.
Il s’exprime généralement sous la forme d’un schéma (ou pattern) qui se déclenche à chaque fois que l’on doit prendre une décision importante. Par exemple :
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Revoir systématiquement ses projets à la baisse par peur de ne pas être à la hauteur.
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Renoncer à une relation, un voyage ou un changement de carrière en se disant que « ce n’est pas pour nous ».
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Souffrir du syndrome de l’imposteur ou développer des symptômes anxio-dépressifs liés à un sentiment d’incapacité.
Ces pensées agissent comme des prophéties auto-réalisatrices : persuadés de ne pas être capables, nous nous mettons en situation d’échec pour donner raison, inconsciemment, aux injonctions de notre passé.
La méthode pour s’en libérer : Comprendre et Agir
Se déconditionner demande du temps et du courage. Johanna Rozenblum, spécialisée dans les Thérapies Comportementales et Cognitives (TCC), explique que ce cheminement se divise en deux étapes fondamentales :
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La phase cognitive (50% du travail) : Il s’agit de faire un travail d’introspection pour comprendre son histoire, mettre en lumière les mots qui nous ont blessés et réaliser que notre manque de confiance actuel est le fruit de notre éducation et non une réalité absolue.
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La phase comportementale (50% du travail) : Comprendre ne suffit pas pour restaurer l’amour propre. Il faut mettre cette compréhension en pratique par des actions concrètes.
Pour cette phase d’action, Johanna Rozenblum préconise la « politique des petits pas ». Il est contre-productif, et même effrayant, de vouloir tout révolutionner du jour au lendemain (quitter son conjoint, démissionner de son travail et déménager en même temps). Il est bien plus réaliste et épanouissant d’y aller échelon par échelon, pour se laisser le temps d’apprécier le paysage et de s’adapter à sa propre métamorphose.
Transmettre la liberté à nos enfants
Comment éviter de reproduire ces schémas avec la génération future ? La clé réside dans la conscience de nos propres bagages. Pour ne pas transmettre un conditionnement limitant à ses enfants, un parent doit d’abord faire un travail sur lui-même. L’objectif est de leur offrir la liberté de faire d’autres choix que les nôtres, sans se sentir heurté dans notre rôle d’éducateur.
Il ne s’agit pas pour autant de tomber dans l’excès inverse en refusant d’imposer toute limite. Prévenir un adolescent des dangers réels (comme les addictions ou les comportements à risque) n’est pas du conditionnement toxique, mais de la bienveillance et de la protection éducative.
Faire la paix avec l’échec
Le plus grand conditionnement collectif contre lequel nous devons lutter est probablement notre rapport à l’échec. La société nous apprend à redouter l’erreur, alors qu’en réalité, l’échec est une opportunité formidable. Ce n’est que lorsqu’on tombe et qu’on se relève que l’on trouve souvent la force de se redresser pour emprunter un chemin plus authentique et plus aligné avec nos véritables désirs.
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