Retrouver notre nature bienveillante : Une introduction à la Communication Non Violente avec Marshall Rosenberg
Dans cette conférence captivante, Marshall Rosenberg, le fondateur de la Communication Non Violente (CNV), nous invite à repenser notre manière d’interagir avec les autres. Loin d’être une simple technique de langage, la CNV est présentée comme un retour à notre état naturel : celui de donner et de recevoir avec bienveillance.
L’objectif : Réapprendre ce que nous savons déjà
Marshall Rosenberg commence par une prémisse surprenante : l’objectif de la Communication NonViolente est de nous aider à faire quelque chose que nous savons déjà faire, mais que notre éducation et notre culture nous ont fait oublier. Il s’agit de retrouver le « don naturel », cet échange joyeux où donner ne vise pas à créer une dette chez l’autre, mais à célébrer le lien humain.
Le piège du jeu « Qui a raison ? »
Malheureusement, au lieu de cultiver cette qualité de connexion qui rend la vie merveilleuse, nous passons une grande partie de notre temps à jouer à un autre jeu : « Qui a raison ? ». Selon Rosenberg, ce jeu repose sur deux concepts destructeurs :
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La punition : L’idée que si vous avez tort, vous méritez de souffrir.
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La récompense : L’idée que si vous avez raison, vous méritez un prix.
Ce système de pensée, ancré dans la culpabilité et le devoir, nous éloigne de notre compassion naturelle.
Le langage du « Chacal » : Une culture de la domination
Rosenberg explique que notre éloignement du « don naturel » remonte à environ 5000 ans, lorsque nous avons commencé à adhérer à l’idée que l’être humain est mauvais par nature. Pour corriger cette « mauvaise nature », nous avons développé ce qu’il appelle le « langage du Chacal ».
Ce langage se caractérise par :
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Des jugements moraux : Penser en termes de bon/mauvais, normal/anormal, tort/raison.
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La violence comme correction : L’idée qu’il faut que les gens se détestent pour changer. Rosenberg souligne avec ironie comment nous tentons parfois d’éduquer nos enfants par la coercition, comme en les forçant à s’excuser.
Le danger du langage bureaucratique
L’aspect le plus dangereux du langage « Chacal » est peut-être le déni de responsabilité. Rosenberg cite l’exemple frappant d’Adolf Eichmann, qui utilisait un langage bureaucratique (ou Amtssprache) pour justifier ses actes en disant qu’il « devait » le faire. Ce type de langage — « c’est le règlement », « je n’avais pas le choix », « c’est la politique de l’entreprise » — nous coupe de notre humanité en nous permettant de nier la responsabilité de nos actions.
Vers le langage de la Girafe
Pour contrer cette culture de la violence et de la déresponsabilisation, Marshall Rosenberg propose une alternative : le langage de la Girafe. Symbole de la CNV, la girafe représente un langage qui vient du cœur, nous permettant de sortir du jugement pour retrouver le plaisir du don naturel.