L’intelligence émotionnelle à l’école : Un levier pour le bien-être et la réussite

Dans une conférence TEDx percutante, Moïra Mikolajczak, professeure à l’Université catholique de Louvain (UCLouvain), plaide avec force pour l’intégration de l’intelligence émotionnelle dans le cursus scolaire. Elle démontre, preuves scientifiques à l’appui, que la maîtrise de nos émotions est un pilier fondamental de notre bien-être, de notre santé et de notre réussite, bien souvent négligé par un système éducatif focalisé sur les seules compétences intellectuelles.

Les émotions : Le moteur insoupçonné de nos vies

Moïra Mikolajczak nous rappelle un fait essentiel : les émotions occupent une part considérable de notre temps d’éveil, influençant de manière profonde quatre sphères cruciales de notre existence.

1. Le bien-être mental : Une bonne gestion émotionnelle est un bouclier contre l’anxiété, la dépression et le burnout. En comprenant et en régulant nos émotions, nous cultivons une meilleure résilience face aux défis de la vie.

2. La santé physique : Le lien entre nos émotions et notre corps est indéniable. Le stress chronique, la colère refoulée ou l’anxiété peuvent avoir des répercussions directes sur notre santé physique, de l’augmentation du risque de maladies cardiovasculaires aux troubles digestifs.

3. La performance professionnelle : Au-delà des compétences techniques, l’intelligence émotionnelle est un facteur clé de succès dans le monde du travail. Ceux qui savent gérer leurs émotions et comprendre celles des autres sont plus aptes à collaborer, à innover et à s’adapter.

4. Les relations sociales : L’empathie, la capacité à communiquer ses émotions de manière constructive et à résoudre les conflits sont des compétences émotionnelles qui enrichissent et pérennisent nos relations personnelles et professionnelles.

Les 5 compétences clés de l’intelligence émotionnelle

L’experte décompose l’intelligence émotionnelle en cinq compétences fondamentales, qui peuvent être développées et affinées :

  1. Identifier : Il s’agit de la capacité à reconnaître avec précision ses propres émotions et celles des autres, même lorsqu’elles sont subtiles.

  2. Comprendre : Au-delà du simple ressenti, cette compétence implique de saisir la cause profonde de nos émotions, en distinguant le déclencheur immédiat des racines plus profondes.

  3. Utiliser : Savoir se servir du message que véhicule une émotion pour prendre des décisions éclairées et agir de manière appropriée.

  4. Exprimer : Communiquer ce que l’on ressent de façon saine, respectueuse et adaptée au contexte social.

  5. Réguler : Apprendre à moduler l’intensité de ses émotions, à gérer le stress, la colère ou la tristesse pour éviter qu’elles ne nous submergent.

Des résultats spectaculaires et mesurables

Loin des théories abstraites, Moïra Mikolajczak met en lumière des résultats concrets et impressionnants. Un programme de formation de seulement 18 heures, axé sur le développement de ces compétences émotionnelles, a démontré une capacité à les améliorer durablement. Les effets sont tangibles :

  • Réduction significative du stress : Des études ont montré une diminution de 20 % à 40 % du stress, mesurée par des indicateurs biologiques comme le cortisol capillaire.

  • Amélioration de la santé physique : Le programme a conduit à une diminution de 30 % des migraines et à une meilleure régulation de la glycémie chez les personnes diabétiques, soulignant l’impact direct de la gestion émotionnelle sur la santé.

  • Bénéfices économiques majeurs : L’intégration de cette formation à l’échelle nationale pourrait, selon les estimations, réduire les dépenses de santé de 10 %, démontrant l’ampleur de l’impact sociétal positif.

Un appel urgent à l’école

Face à ces preuves irréfutables, le message de Moïra Mikolajczak est clair : l’école, en se concentrant quasi exclusivement sur le Quotient Intellectuel (QI), passe à côté d’une dimension essentielle du développement humain. Elle appelle à un changement de paradigme, où le développement des compétences socio-émotionnelles serait intégré dès le plus jeune âge, offrant ainsi à chaque enfant, quelles que soient ses origines sociales, les outils nécessaires pour naviguer le monde avec équilibre, résilience et succès.

En dotant les futures générations d’une intelligence émotionnelle aiguisée, nous ne leur offrons pas seulement un avantage personnel, mais nous contribuons à bâtir une société plus saine, plus empathique et plus performante. L’école a là une opportunité unique de former des individus complets, capables non seulement de penser, mais aussi de ressentir et d’interagir avec le monde de manière constructive.

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